agbm

Les carnets de route d'Ancetile (suite)


Jeudi 6 Octobre 2016
Lu 341 fois

Retour, " et c'est tant mieux parce qu'on ne ferait pas ça tous les jours ! "


Difficile de trouver un bon créneau pour envisager le retour sur Marina de Raguse. Nous avions même abandonné l'idée de rentrer par le chemin des écoliers pour faire une halte ou deux. Depuis le 15 août, la météo était erratique et ne laissait jamais vraiment de répit plus de quelques jours sur ce parcours long de 346 milles. Toute bonne chose ayant une fin et notre séjour Grec tirant sur la fin, il fallut admettre que nous allions être obligé de faire des concessions sur le confort de navigation et peut-être devoir forcer les éléments.
Difficile de trouver un bon créneau pour envisager le retour sur Marina de Raguse. Nous avions même abandonné l'idée de rentrer par le chemin des écoliers pour faire une halte ou deux. Depuis le 15 août, la météo était erratique et ne laissait jamais vraiment de répit plus de quelques jours sur ce parcours long de 346 milles. Toute bonne chose ayant une fin et notre séjour Grec tirant sur la fin, il fallut admettre que nous allions être obligé de faire des concessions sur le confort de navigation et peut-être devoir forcer les éléments.

La nuit fut presque confortable mais pas de tout repos, obligé de slalomer entre les cargos qui empruntent ce rail. Pas question de trop nous rapprocher de la côte pour les éviter, nous serions allés nous planter sur les innombrables marques de pêches balisées de façon très fantaisiste ! Alors, nos quarts s'enchaînerent et ce jeu qui consistait à laisser la priorité aux cargos nous occupa jusqu'au lever du jour. Merci au radar et à l'AIS qui simplifient grandement les prises de décisions. Après le petit déjeuner, un travail de sélection des meilleurs réseaux GSM disponibles pour récupérer les derniers fichiers météo et confirmer malheureusement que nous allions devoir passer la traversée du détroit de Messine, soit 90 milles, à surveiller des cellules orageuses. Encore une fois le radar est d'une grande aide et je crois qu'en fin de matinée nous avons évité de rincer les bateaux et l'équipage. Ciel chargé de gros nuages gris foncé, mer acier très agitée et les premieres fatigues suivies d'un concert de bâillements. Rien à voir avec la sinécure de l'aller où nous pouvions faire la sieste sur les matelas du fly. C'est une autre façon de naviguer, avec une dose de stress qui oblige à rester en éveil et chercher la meilleure route en fonction du vent, de la houle, des cargos, des orages et du timing à respecter pour ne pas arriver au port en pleine nuit.
La nuit fut presque confortable mais pas de tout repos, obligé de slalomer entre les cargos qui empruntent ce rail. Pas question de trop nous rapprocher de la côte pour les éviter, nous serions allés nous planter sur les innombrables marques de pêches balisées de façon très fantaisiste ! Alors, nos quarts s'enchaînerent et ce jeu qui consistait à laisser la priorité aux cargos nous occupa jusqu'au lever du jour. Merci au radar et à l'AIS qui simplifient grandement les prises de décisions. Après le petit déjeuner, un travail de sélection des meilleurs réseaux GSM disponibles pour récupérer les derniers fichiers météo et confirmer malheureusement que nous allions devoir passer la traversée du détroit de Messine, soit 90 milles, à surveiller des cellules orageuses. Encore une fois le radar est d'une grande aide et je crois qu'en fin de matinée nous avons évité de rincer les bateaux et l'équipage. Ciel chargé de gros nuages gris foncé, mer acier très agitée et les premieres fatigues suivies d'un concert de bâillements. Rien à voir avec la sinécure de l'aller où nous pouvions faire la sieste sur les matelas du fly. C'est une autre façon de naviguer, avec une dose de stress qui oblige à rester en éveil et chercher la meilleure route en fonction du vent, de la houle, des cargos, des orages et du timing à respecter pour ne pas arriver au port en pleine nuit.

90 milles dans ces conditions c'est long, très long, alors pour tromper l'ennui on compte les mouches, embarquées depuis la Grèce et qui elles aussi prennent l'air sur le fly sans jamais s'éloigner du bateau. Je connaissais l'expression "pas folle la guêpe" mais pas la mouche, non plus  ! J'ai l'impression que le compte est bon et que nous allons les garder comme passagers clandestins jusqu'à notre arrivée. Plus tard, comme le chantait Michel Jonasz, on regardait les bateaux, on mangeait des glaces à l'eau, en attendant l'apéro... Qui n'aura pas lieu.
90 milles dans ces conditions c'est long, très long, alors pour tromper l'ennui on compte les mouches, embarquées depuis la Grèce et qui elles aussi prennent l'air sur le fly sans jamais s'éloigner du bateau. Je connaissais l'expression "pas folle la guêpe" mais pas la mouche, non plus ! J'ai l'impression que le compte est bon et que nous allons les garder comme passagers clandestins jusqu'à notre arrivée. Plus tard, comme le chantait Michel Jonasz, on regardait les bateaux, on mangeait des glaces à l'eau, en attendant l'apéro... Qui n'aura pas lieu.

Au large de Syracuse un gigantesque front nuageux barre le chemin vers le cap Passero. au sud de la Sicile, qui marque la dernière étape avant la Marina de Raguse. Au radar les cellules pluvieuses se détachent nettement et nous essayons de passer à travers mais le vent monte de plus en plus fort et la grosse houle de travers commence à déferler. Slalomer dans ces conditions devient de plus en plus difficile d'autant que ce front est épais de près de 8 milles, ce qui à notre vitesse implique que nous allons forcément être pris dans du très gros temps. Des éclairs commencent à illuminer le ciel. Il fait déjà nuit et soudain les lueurs de la cote disparaissent, le noir total nous envahit, un noir épais, palpable, inquiétant. Même en allumant les phares de proue afin de distinguer l'état de la mer devant nous, j'ai du mal à maintenir le bateau pour faire face à ces vagues qui commencent à faire rouler dangereusement les 35 tonnes d'Ancetile. Après un long moment à batailler pour passer, il faut savoir rendre les armes et je négocie du mieux possible un demi-tour pour battre en retraite et filer nous mettre à l'abri dans la baie de Syracuse à moins de 10 milles. L'approche paraît longue, le vent forci encore et les éclairs se rapprochent. À peine le mouillage terminé, la pluie s'abat sur la ville et le sommeil sur l'équipage.
Au large de Syracuse un gigantesque front nuageux barre le chemin vers le cap Passero. au sud de la Sicile, qui marque la dernière étape avant la Marina de Raguse. Au radar les cellules pluvieuses se détachent nettement et nous essayons de passer à travers mais le vent monte de plus en plus fort et la grosse houle de travers commence à déferler. Slalomer dans ces conditions devient de plus en plus difficile d'autant que ce front est épais de près de 8 milles, ce qui à notre vitesse implique que nous allons forcément être pris dans du très gros temps. Des éclairs commencent à illuminer le ciel. Il fait déjà nuit et soudain les lueurs de la cote disparaissent, le noir total nous envahit, un noir épais, palpable, inquiétant. Même en allumant les phares de proue afin de distinguer l'état de la mer devant nous, j'ai du mal à maintenir le bateau pour faire face à ces vagues qui commencent à faire rouler dangereusement les 35 tonnes d'Ancetile. Après un long moment à batailler pour passer, il faut savoir rendre les armes et je négocie du mieux possible un demi-tour pour battre en retraite et filer nous mettre à l'abri dans la baie de Syracuse à moins de 10 milles. L'approche paraît longue, le vent forci encore et les éclairs se rapprochent. À peine le mouillage terminé, la pluie s'abat sur la ville et le sommeil sur l'équipage.

Dernière étape le lendemain alors que la mer est toujours grosse avec des creux de 1,5 mètre mais le sens de la houle nous est favorable, le ciel est dégagé et le vent ne dépasse pas les 20 nd. Nous arrivons à Marina de Raguse lundi en fin d'après-midi par temps calme. Après ce que nous avons vécu ces dernières 24 h, cette étape nous parut d'un grand confort... tout devient relatif !
Dernière étape le lendemain alors que la mer est toujours grosse avec des creux de 1,5 mètre mais le sens de la houle nous est favorable, le ciel est dégagé et le vent ne dépasse pas les 20 nd. Nous arrivons à Marina de Raguse lundi en fin d'après-midi par temps calme. Après ce que nous avons vécu ces dernières 24 h, cette étape nous parut d'un grand confort... tout devient relatif !

Pour finir, cette navigation m'a permis de hiérarchiser la fiabilité des sites de prévisions météo. J'en consulte 3, Lamma Rete, Isramar et Passage Weather, plus bien évidemment l'excellente application pour iOS, Weather 4D et son module de routage. Weather 4D est toujours ma préférée pour planifier une longue traversée, bien visualiser les grandes tendances à long terme et calculer le meilleur créneau horaire. Par contre il est confirmé que Lamma Rete est absolument indispensable pour les prévisions plus fines sur certaines zones (effets venturi par exemple) où les fichiers Grib restent moins précis. À maintes reprises et une fois de plus, j'ai pu apprécier la pertinence de ce site Italien consultable depuis le net ou avec une application iOS qui s'appelle Vent&Mer. En l'occurrence, la cellule orageuse était indiquée mais plus au sud. De nouvelles pressions atmosphériques l'ont maintenue plus longtemps sur notre parcours au lieu de l'envoyer vers Malte où elle aurait dû être. Enfin, au vue de ce qui nous est arrivé à Syracuse, même les prévisions les plus fines ne peuvent pas toujours anticiper un rapide changement météo. Ces enormes cellules orageuses de fin d'été peuvent contre toutes prévisions nous surprendre et nous mettre en situation de danger.
Pour finir, cette navigation m'a permis de hiérarchiser la fiabilité des sites de prévisions météo. J'en consulte 3, Lamma Rete, Isramar et Passage Weather, plus bien évidemment l'excellente application pour iOS, Weather 4D et son module de routage. Weather 4D est toujours ma préférée pour planifier une longue traversée, bien visualiser les grandes tendances à long terme et calculer le meilleur créneau horaire. Par contre il est confirmé que Lamma Rete est absolument indispensable pour les prévisions plus fines sur certaines zones (effets venturi par exemple) où les fichiers Grib restent moins précis. À maintes reprises et une fois de plus, j'ai pu apprécier la pertinence de ce site Italien consultable depuis le net ou avec une application iOS qui s'appelle Vent&Mer. En l'occurrence, la cellule orageuse était indiquée mais plus au sud. De nouvelles pressions atmosphériques l'ont maintenue plus longtemps sur notre parcours au lieu de l'envoyer vers Malte où elle aurait dû être. Enfin, au vue de ce qui nous est arrivé à Syracuse, même les prévisions les plus fines ne peuvent pas toujours anticiper un rapide changement météo. Ces enormes cellules orageuses de fin d'été peuvent contre toutes prévisions nous surprendre et nous mettre en situation de danger.

Au total : 357 milles parcourus en 49 heures soit 7,3 nd de moyenne, quelques dizaines de dauphins venus jouer dans notre étrave, une grosse tortue doublée en sortie de la baie de Syracuse et beaucoup de fatigue...
Au total : 357 milles parcourus en 49 heures soit 7,3 nd de moyenne, quelques dizaines de dauphins venus jouer dans notre étrave, une grosse tortue doublée en sortie de la baie de Syracuse et beaucoup de fatigue...



1.Posté par Jean-Marc et Annick HUREY le 06/10/2016 20:51
Bravo les amis....votre partage fût très intéressant.
Vous êtes nos Paul Émile Victor 🐬🌈🐬
A très bientôt autour d'un bon repas pour les détails
Amicalement
AJM/palika.

Nouveau commentaire :






L'amicale c'est ça..




Visitez la page Facebook de l'AGBM

 Visitez la page Facebook de l'AGBM
Bonjour à tous les membres de l’AGBM et à tous les propriétaires de Grand Banks. Notre page Facebook est entièrement dédiée à vos échanges pour tout ce qui concerne nos Grand Banks, nos croisières, nos travaux à bord et plus si vous le souhaitez. Cette page se veut un lieu de convivialité, de partage et d’entraide.
Amitiés à tous, Marc et le bureau de l’Amicale.